Abécédaire désordonné des expressions adolescentes. Une année pour expliquer dans le social, pour comprendre dans le soin.[1]
10 août 2026Quelle place pour le débat scientifique à l’université de médecine ?
Comprendre le malaise des étudiants en psychiatrie.

Résumé - Problématique abordée :
Internes de psychiatrie, nous proposons un témoignage et une réflexion sur notre formation à l’université de medecine. Nous déplorons un enseignement académique qui se réduit à la description des symptômes à la façon du DSM et à l'énonciation de recommandations protocolisées. Nous nous inquiétons des tentatives d’évincer tout autre type de compréhension de la souffrance psychique. En réponse, nous cherchons d’abord à informer nos chefs et collègues. Par ailleurs, nous réfléchissons à des moyens de promouvoir une pensée contradictoire nécessaire à la science et à la santé de tous.
Mots clés :
Psychiatrie - Internat - Université - Formation - Débat scientifique - Pluralité d’opinions - Malaise étudiant
Nous adressons cet article aux psychiatres des services hospitaliers qui reçoivent des jeunes internes. Il nous semble que nombre de ces médecins se trouvent désormais à distance de l’Université. Ainsi, il est naturel qu’ils ignorent tout, ou presque, de la façon dont elle organise la dispensation du savoir aujourd’hui.
Nous sommes un petit groupe de vieux internes qui pensons qu’il existe “un malaise dans la formation” (Bailly, J., et al., 2026) et qu’il est important d’alerter nos chefs et collègues. Les lignes à venir sont le reflet de notre expérience et de nos réflexions. Nous assumons leur part de subjectivité et espérons qu’elles pourront engager un débat, celui-là même que nous peinons encore à trouver à l’Université.
De l’externat à l’internat : la psychiatrie se rêve une science médicale comme les autres
Dans notre formation médicale, notre première rencontre avec la psychiatrie a lieu au moment de l’externat. Pour le concours de l’internat, les étudiants en médecine arpentent le “collège” de psychiatrie, manuel d’enseignement de la discipline. La bonne nouvelle avec la psychiatrie, c’est que “c’est la discipline facile”. Et pour cause, le collège de psychiatrie est dépouillé de complexité et l’annonce, voire s’en enorgueillit, dès la préface : sa rédaction répond à une volonté “d’homogénéisation et de simplification”. Pour le concours, il n’y a pas d’histoire de la psychiatrie et des idées, pas de psychopathologie, pas d’épistémologie, pas de psychologie, pas d’éthique. Il y a seulement des listes de symptômes, à la façon du DSM, et quelques recommandations : ligne médicamenteuse, éducation thérapeutique, éventuellement psychothérapie qui sera quasi exclusivement une TTC selon les recommandations du rapport de l’Inserm de 2004.
Sans doute faut-il également parler du discours que l’on peut entendre sur la psychiatrie pendant l’externat. Il y a des services où il est préférable de taire que l’on s’intéresse à cette discipline pour ne pas être moqué. En réponse, on a pu entendre en cours de psychiatrie un Professeur chercher à raviver notre intérêt : “il ne faut pas se détourner de la psychiatrie, elle devient de plus en plus médicale, avec des marqueurs biologiques et radiologiques qui commencent à être mis en évidence ! En plus c’est la discipline qui intéresse le plus Hollywood !”.
Pendant l’externat, il y a plus généralement une chose que l’on apprend : “le temps manque, toujours”. Il est arrivé qu’un chef nous engage à entrer dans une chambre de patiente avec la consigne suivante : “tu as trente minutes pour faire un interrogatoire et un examen clinique complet”. Celui-ci nous attendait alors un peu plus loin, un chronomètre à la main. Et nous, nous entrions dans la chambre d’une femme âgée et isolée qui aurait pourtant beaucoup profité que nous avions plus de trente minutes à lui accorder. Il nous est arrivé aussi de recevoir l’appréciation suivante : “tu seras un bon médecin aux urgences le jour où tu pourras traverser une salle d’attente sans répondre à aucune sollicitation des patients”.
Nous racontons tout cela parce que c’est cet idéal médical qui est présenté aux tout jeunes étudiants de la faculté de médecine. Et si certain.e. s choisissent la psychiatrie à la recherche d’un autre idéal, d’autres au contraire entendent pratiquer une psychiatrie qui y répond parfaitement. Quand les premiers cours de l’internat de psychiatrie commencent, ce sont bien les premiers qui se trouvent déçus - ces quelques étudiants qui cherchent une autre façon d’être médecins. En effet, les enseignements de l’internat sont dans la droite ligne de ceux du collège de psychiatrie et de la philosophie de l’externat.
Une pensée toute-puissante qui n’aurait pas d’histoire et pourrait faire l’économie du conflit
Pendant l’internat, l’enseignement universitaire est pour une part académique et pour l’autre pratique : il y a des temps d’enseignement en amphithéâtre et des temps de stage à l’hôpital.
Lors des cours en amphithéâtre, toujours pas d’histoire de la psychiatrie et des idées, toujours pas de psychopathologie, toujours pas d’épistémologie, toujours pas de psychologie toujours pas d’éthique - bien que notre expérience hospitalière soit aussi celle de l’exercice du pouvoir médical.
Chaque cours a un thème et un professeur qui viendra partager son enseignement sur ce thème. La psychiatrie est enseignée d’une façon que l’on pourrait appeler “expertale” : l’enseignant, expert du thème en question, décrit la sémiologie du trouble discuté ce jour-là - à la façon du DSM - puis détaille les recommandations et règles de bonnes pratiques à appliquer. Cette pédagogie provoque sans doute l’ennui des étudiants qui, de fait, désertent les amphithéâtres. Pour autant, elle fait peu naître la critique. Pour exemple paradigmatique, cet échange entre l’une d’entre nous et un étudiant : celui-ci confiait avoir commencé un livre de psychanalyse sur les phobies, nous le renvoyions à Freud sur ce thème et il nous répondait : “je préfère lire le dernier ouvrage en date pour avoir les informations à jour”.
A l’université de médecine, aujourd’hui, la pensée est sans histoire et sans conflit. Un professeur apporte son expertise sur un sujet en ignorant tout à fait à qui il s’adresse, ce qui nous a déjà été dit et ce qui nous sera dit plus tard par d’autres. Cela prend parfois une tournure drolatique quand un professeur ne réalise pas qu’il nous répète mot pour mot un cours qu’il nous a déjà donné une, voire deux fois, dans le passé ; ou quand il découvre en fin de cours qu’il s’adresse ce jour à des internes et non à des externes… Le résultat de cette organisation est plus alarmant quand un professeur affirme avec force l’exact inverse de ce qu’un autre enseignant expliquait parfois au cours précédent : ainsi la psychothérapie est indiquée dans le cours sur la dépression de l’enfant et de l’adolescent mais contre-indiquée, l’heure suivante, dans le cours sur la dépression de l’adulte. Aucun accompagnement n’est imaginé pour envisager ces contradictions. L’université n’est alors plus terrain de science mais d’idéologie sur fond de clivages profonds. Chaque interne tente de se construire, coûte que coûte, un modèle de compréhension cohérent de la symptomatologie psychiatrique pour tenir bon face à la maladie qu’il rencontre en stage. Ce modèle sera presque inévitablement étriqué et pauvre pour les raisons que nous exposions plus haut : selon l’idéal universitaire, la psychiatrie doit être homogène et simple, a priori à l’image de la médecine somatique ; le traitement et la pensée psychiatriques doivent être économes en temps ; la contradiction doit être évacuée pour laisser place à une recommandation expertale toute-puissante.
Nous nous sommes jusqu’alors appesantis sur la formation académique des internes mais nous précisions toutefois que celle-ci est aussi pratique, au travers de stages hospitaliers. Nous soulignerons, de surcroît, que le cursus universitaire contraint aujourd’hui les étudiants à réaliser quatre stages dans des services universitaires sur les dix stages que comptent l’internat. En effet, ces stages sont présentés comme les plus honorables et les plus importants pour notre formation. Les postes proposés dans ces hôpitaux sont d’ailleurs extrêmement nombreux.
Or, dans la majorité de ces services universitaires nous retrouvons cette psychiatrie expertale, dogmatique, dont l’université fait la promotion. Dans ces services, la blouse blanche est de mise et l’équipe médicale pourra passer de chambre en chambre avec son ordinateur sur roulettes pour la visite hebdomadaire.
A l’inverse, les stages en secteur psychiatrique ne sont plus soumis à aucune obligation. Un interne pourra ne jamais passer dans un de ces services au long de son cursus.
Nous écrivions quelques lignes plus haut que l’université promeut une pensée sans histoire et sans conflit. Il faut évidemment se demander s’il s’agit même encore de pensée et de science.
Les exemples ne manquent pas pour décrire la perte de rigueur scientifique et ses conséquences sur le traitement des patients. Nous pourrions notamment évoquer le maniement approximatif des statistiques souvent constaté, alors même qu’aucun cours de statistiques ne nous est dispensé. Pour exemple, nous entendions dans un cours qu’il faut donner leur diagnostic de “borderline aux patients concernés parce qu’il est prouvé que 80% d’entre eux bénéficient de la pose du diagnostic”. Passons même sur le fait que cette expression “bénéficie de la pose du diagnostic” n’était pas détaillée (selon quels critères ? dans quelle temporalité ?). Nous nous arrêterons plutôt sur le fait que, selon ces chiffres, 20% des patients ne bénéficient donc pas de la pose d’un diagnostic - si celle-ci n’est pas même délétère pour leur prise en charge. Est-ce que le médecin n’a pourtant pas pour prérogative de ne pas nuire ? Et est-ce que, de fait, la pensée scientifique ne réside pas là : ne pas s’en tenir, par facilité, à un chiffre sensationnel (“80% en bénéficient” !) mais fouiller et se remettre en question jusqu’à avoir la capacité de fournir une réponse complexe (“comment adapter sa prise en charge aux besoins différents de chaque patient ?”) ?
Il faut se demander si les enseignements de l’internat de psychiatrie ont encore la capacité de promouvoir la pensée scientifique quand ce sont parfois des propos menaçants qui retentissent lors des cours. Il est arrivé qu’un enseignant lance, pendant un cours, à une étudiante vraisemblablement intéressée par les théories psychanalytiques : “les gens comme vous ne devraient plus exister”. Il nous est aussi arrivé d’entendre : “Il reste quoi ? 10-15% de psychanalystes ? Bon, il suffit d’attendre qu’ils meurent”. Il est évident qu’il n’est plus question de science quand il n’y a plus de débat, mais le souhait que la contradiction disparaisse. Nous pénétrons manifestement dans le domaine de l’idéologie, avec sa dangerosité, quand on pense pouvoir se passer de l’argumentation et de la preuve. Il est aussi important de prendre en compte que les étudiants ne peuvent plus faire de choix. On ne peut se laisser porter vers une affiliation théorique - nous sied-elle mieux qu’une autre dans notre pratique du quotidien - si ce choix expose aux insultes, voire aux souhaits de morts.
Adapter l’accompagnement et la formation des internes à l’hôpital
Ainsi, nous racontons cela car il nous semble important que les médecins qui accueillent des internes en stage dans leurs hôpitaux sachent à quels discours ceux-ci sont soumis.
Nous sommes convaincus que les internes sont fragilisés par la formation qu’ils reçoivent. L’enseignement de la toute-puissance ne donne qu’une illusion de maîtrise. Très rapidement, le bouclier se fissure dans la rencontre avec la clinique et rien ne permet de colmater la brèche parce que les internes cherchent éperdument, dans les protocoles, la bonne et unique réponse qu’on leur a promis de trouver.
Les questions des internes peuvent parfois sembler déroutantes : “comment on fait si les patients mentent et exagèrent leurs symptômes ?”, “cette patiente est triste mais quelle est la part de la dépression et quelle est la part liée aux événements terribles qu’elle affronte en ce moment ?”. En même temps, ce sont bien ces questions que soulève une psychiatrie protocolaire où la maladie est un concept sans malade et défini seulement par la grille des symptômes donnée par le DSM. Les internes sont angoissés et à l’université ils n’ont appris que le passage à l’acte diagnostique et thérapeutique pour répondre à l’angoisse. La pédopsychiatrie est la première à en faire les frais : les internes ne supportent pas ces stages où il faut rester “passif”, “en observation”, “où il y a trop de réunions de synthèse”, “où les prises en charges sont trop lentes”.
Pendant l’internat, les espaces de supervision sont très rares. Ils ne sont intégrés qu’au cursus de pédopsychiatrie et, encore là, il faut compter seulement une dizaine de rendez-vous de groupe en troisième année. Finalement, quand ces espaces s’ouvrent, ils sont rejetés par les étudiants. Les modalités de traitement de l’angoisse qu’on y propose sont trop éloignées des stratégies qui ont été renforcées jusqu'alors. L’écart est trop grand.
Ainsi, notre avis est qu’il faut désormais faire attention à s’adresser aux étudiants, sans dogmatisme certes, mais même en faisant volontairement une place au doute et à la critique. Le plus important n’est peut-être pas tant d’affirmer son opinion, de brandir sa théorie, que d’autoriser les étudiants à être curieux sans qu’ils aient à craindre de se sentir faibles, mais aussi sans qu’ils aient à craindre de se sentir jugés, diminués, voire classés “nuisibles”. Le tour de force est d’enseigner aux étudiants une pensée personnelle, créative, libre, affirmée mais prête à accepter la critique.
En effet, notre expérience de l’hôpital nous apprend que les internes curieux de psychanalyse risquent, sur certains terrains de stage, d’être pointés comme “dépassés”, “étranges”, voire “rétrogrades”.
Dans l’autre sens, les internes qui n’ont jamais été familiarisés avec les théories psychanalytiques se confronteront souvent à une absence d’explications dans les services de cette obédience. Dans ces conditions, la psychiatrie psychanalytique manque - encore - de proposer des figures identificatoires à des étudiants qui en ont pourtant grand besoin. Un interne, même de dernier semestre, sait rarement aujourd’hui ce que sont les instances de la première et de la deuxième topique, ce que sont le transfert et le contre-transfert, ou encore ce que l’on entend par sexualité infantile et complexe d’Œdipe. Le terme de psychose n’apparaît même plus dans le collège de psychiatrie. La psychanalyse fait usage de mots qui ont un sens différent et souvent fort dans le vocabulaire commun. Pour éviter des quiproquos parfois violents, elle doit faire l’effort, sans arrogance, de traduire son lexique et de se rendre abordable pour des étudiants que l’on a laissés pendant leur cursus dans le plus grand désarroi face à la maladie et à la mort.
Il nous semble que la psychiatrie psychanalytique doit aussi s’inquiéter de la façon dont elle se transmet à l’extérieur de l’hôpital. Elle a désormais complétement disparu des bancs de l’université de médecine, soit. Il lui faut alors trouver d’autres moyens de s’offrir aux étudiants. Il en va de la santé de la science, de la santé des internes, de la santé des patients et de l’avenir de notre système de soin.
Les séminaires et revues sont utiles. Pourtant, ils ne sont pas suffisants.
Les séminaires sont trop empreints d’un caractère académique. Rappelons que les étudiants en médecine désertent déjà les cours qui au mieux les ennuient, au pire les plongent dans des clivages insupportables. Rappelons aussi que s’inscrire à un séminaire d’orientation psychanalytique nécessite d’être prêt à remettre en question des années de construction identitaire comme médecin “efficace, rapide, et à la pointe de la recherche” et d’accepter de passer dans le camp des “étranges” et des “rétrogrades”. Faire, une fois par mois, une heure et demie de transports après une semaine de travail déjà chargée pour s’essayer à une nouvelle forme de pensée est une démarche déjà trop coûteuse.
Les revues n’éveillent plus l’intérêt des étudiants en médecine. Bien sûr, on pourrait critiquer ces “jeunes qui ne lisent plus”. Cependant, il ne faudrait pas oublier que c’est l’enseignement universitaire lui-même qui dévalorise la lecture. Il est très rare que la lecture d’un ouvrage nous soit conseillée pendant un cours. En fait, nous sommes même découragés de lire des articles qui ne répondent pas aux critères scientifiques internationaux (en anglais, les plus ramassés possibles, exposant des chiffres et des schémas, etc…). Pour nos travaux de recherche, les revues de la littérature sont rarement acceptées ; toutefois, si nous choisissons ce format, nous devons alors proposer une méta-analyse de la littérature avec des résultats statistiques sur des articles présentant de préférence des études quantitatives. Pour notre travail de thèse, certains d’entre nous ont pu recevoir le conseil suivant : “pas plus de trente pages, après vous n’êtes pas lus”. Les universitaires eux-mêmes ne lisent donc plus ? De surcroît, nous sommes d’une génération qui a validé l’intégralité de ses examens et épreuves de concours grâce à des QCM. Sauf exception, nous n’avons ainsi pas écrit depuis la terminale. L’attaque de la pensée se niche déjà là. Développer sa pensée sur quelques lignes est un exercice indispensable mais qui comporte sa part d’angoisse. Malheureusement, pour beaucoup, cette angoisse est devenue insurmontable faute d’entraînement. Les thèses sont écrites à grand renfort d’intelligence artificielle parce qu’il n’y a plus de plaisir à chercher sa pensée et sa trace.
Avant de conclure, nous aimerions éclaircir une ambiguïté dans notre discours : dans cet article, nous plaidons pour une psychiatrie plus exigeante sur le plan scientifique, capable d’argumenter sans violence idéologique face à la contradiction. Nous parlons aussi de psychanalyse et ce pour plusieurs raisons. D’abord, c’est une théorie qui intéresse le petit groupe d’internes que nous sommes. Surtout, c’est à la fois le deuxième courant de pensée le plus représenté dans nos stages d’internat après la neurobiologie, et le courant de pensée le plus vilipendé voire censuré à l’Université. En effet, nous avons déjà reçu pour conseil d’éviter certains mots “psychanalytiques” dans nos travaux de thèse. L’un d’entre nous a même reçu un courriel l’informant d’une liste de mots psychanalytiques qu’il n’avait plus le droit d’employer sur son lieu de stage.
Pour autant, nous tenons à dire que les autres courants théoriques et les autres modèles thérapeutiques ne trouvent pas davantage leur place à l’université de médecine. S’ils ne sont pas attaqués, ils restent très méconnus. C’est d’ailleurs vrai y compris pour les TTC qui sont recommandées mais sans être expliquées. Ces thérapies sont vidées de leurs concepts et de leur substance, réduites à une technique utile avec des méthodes a priori protocolisées, appliquées par des thérapeutes techniciens : rien qui ne rende compte de la subtilité et de la complexité du travail de thérapeute TTC.
En conclusion, nous répétons notre opinion que les médecins qui reçoivent des internes dans leurs services doivent prendre conscience du bain culturel et académique qui est celui de leurs étudiants et s’y adapter. Proposer, aujourd’hui, aux étudiants en médecine une pensée contradictoire, une pensée personnelle, une pensée qui se développe en prenant son temps et sans recherche d’efficacité immédiate est absolument indispensable. Cependant, c’est aussi aller, bien souvent, contre les défenses que ces étudiants ont été incités à se construire. Il faudra alors accompagner ces étudiants avec délicatesse et contenance. La pensée devra s’autoriser à être ludique et affective pour retrouver le plaisir de l’identification puis de l’individuation.
Pour notre part, nous ne renonçons pas aux séminaires ni aux revues et projetons de recourir à ces deux outils dès l’année prochaine. Pour autant, nous prévoyons aussi de développer un podcast au format audio - et idéalement vidéo pour les réseaux sociaux. Nous imaginons des festivals pour changer des conférences, des apéro-débats pour changer des cours magistraux…
Maitrinal, L. ; Mongrand, D. ; Morel, G.
Bibliographie :
Bailly, J., Chouattah, R., Mongrand, D., Morel, G., & Zins, G., Malaise dans la formation. L’information psychiatrique, 4(102), 333-339.
https://stm.cairn.info/revue-l-information-psychiatrique-2026-4-page-333?lang=fr
